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Une déclaration sobre de Zinédine Zidane sur Christophe Gleizes a provoqué des réactions beaucoup plus radicales que ses propos.
Pas un mot contre la justice algérienne, ni la moindre remise en cause du jugement de Christophe Gleizes : ce mardi, pour sa toute première prise de parole en tant que sélectionneur des Bleus, Zinédine Zidane s’en est tenu au strict terrain humain. Interrogé sur la situation du journaliste français, il s’est simplement dit désireux de le voir retrouver ses proches. « Je suis parent et je veux juste qu’il rentre chez lui pour voir sa famille », a-t-il confié, rappelant au passage le soutien déjà manifesté par la FFF. Une prise de parole sobre et mesurée, volontairement éloignée de toute considération politique ou juridique.
Des mots simples immédiatement pris à partie
Cette retenue n’a pourtant pas suffi à éviter l’embrasement. De l’autre côté de la Méditerranée, les réactions n’ont pas tardé à surgir. Sur X, le journaliste Chebli Ishaq s’est fendu d’un message virulent, demandant carrément à la FAF d’« éjecter Luca de la sélection » suite à cette déclaration, avant d’attaquer directement le nouveau patron de l’équipe de France. Une réaction éruptive qui illustre un raccourci brutal : faire porter au fils la responsabilité directe des propos tenus par son père.
Le décalage est pourtant saisissant entre ce qui a été dit et la manière dont c’est interprété. À aucun moment Zidane n’a parlé d’une condamnation injuste, réclamé de mesures contre l’Algérie ou contesté la souveraineté de ses institutions — lui qui répète d’ailleurs très souvent éviter les sujets hors football. Sa réponse s’inscrivait d’ailleurs dans la continuité du positionnement de la FFF, qui affiche le portrait de Christophe Gleizes à son siège et demande depuis des mois un geste de clémence.
Luca Zidane au milieu d’une tempête qui ne le concerne pas
Réclamer le bannissement de Luca Zidane relève de l’amalgame. Le gardien de but ne s’est jamais exprimé sur l’affaire Gleizes. Son aventure avec les Fennecs n’a de raison d’être jugée que sur des critères sportifs – ses performances sur le terrain, sa conduite et les choix tactiques de Vladimir Petkovic -, et non sur une confidence paternelle glissée en conférence de presse à Paris.
L’épisode montre à quel point la moindre phrase, même pesée avec soin, peut se retrouver happée par les tensions de la relation franco-algérienne. Il serait cela dit trompeur de transformer quelques sorties virales sur les réseaux en mouvement d’opinion généralisé. Zidane a parlé avec son cœur de père ; certains y ont cherché un sous-texte politique. Entre les deux, il n’y a pourtant que le texte exact de ses déclarations, bien loin des procès d’intention.