L’Égypte tenait un exploit immense, mais l’Argentine a tout renversé dans une fin de match irrespirable et entachée par des décisions arbitrales litigieuses.
L’Égypte tenait le match de sa vie. Pendant près de 80 minutes, les Pharaons ont fait trembler l’Argentine, championne du monde en titre, avec un plan presque parfait, une discipline remarquable et un gardien en état de grâce. Puis tout s’est écroulé. Menée 2-0 jusqu’à la 79e minute, l’Albiceleste a renversé la rencontre dans un dernier quart d’heure fou pour s’imposer 3-2 à Atlanta et filer en quarts de finale. Un scénario magnifique pour les neutres, mais terrible et surtout au goût très amer pour l’Égypte, qui pointe du doigt un arbitrage défavorable.
L’Égypte y a cru, Letexier s’en mêle
Les hommes de Hossam Hassan avaient pourtant tout bien fait. À la 15e minute, Yasser Ibrahim a ouvert le score de près sur un service de Marwan Attia, récompensant une entame pleine d’audace. Quelques minutes plus tard, Mostafa Shobeir a fait basculer le match dans une autre dimension en repoussant un penalty de Lionel Messi à la 21e minute. À cet instant, l’Égypte semblait protégée par quelque chose de plus fort que le simple plan de jeu.
Le rêve a pris encore plus d’épaisseur en seconde période, malgré les premières controverses. Alors que le score était de 1-0, l’arbitre français de la rencontre, François Letexier, a pris une première décision très discutable en annulant un but égyptien à la 58e minute. Loin de s’effondrer face à ce coup du sort, Zizo a finalement trouvé la faille à la 67e pour donner deux longueurs d’avance aux Pharaons au terme d’un contre fulgurant. L’Argentine semblait sonnée, sans rythme, parfois coupée en deux. L’Égypte défendait bas, mais avec ordre, jusqu’à cette 79e minute où le match a définitivement changé d’âme.
La remontada argentine et le scandale de la 91e minute
Comme souvent, le réveil argentin est venu de Messi. La Pulga a d’abord offert le ballon de la réduction du score à Romero, buteur de la tête à la 79e minute. Quatre minutes plus tard, dans une surface encombrée, au terme d’une action confuse et d’une partie de billard, Messi a frappé en force pour égaliser, inscrivant au passage son huitième but dans cette Coupe du monde.
Mais le véritable tournant, celui qui risque de faire couler beaucoup d’encre, intervient dans le temps additionnel. À la 91e minute, Mohamed Salah s’écroule dans la surface argentine suite à un contact qui semblait valoir un penalty évident. L’arbitre François Letexier ne bronche pas et laisse le jeu se poursuivre. Dans la continuité de cette action, sur le contre argentin (92e), Lisandro Martinez adresse un centre précis vers Enzo Fernandez, qui place une reprise de la tête fatale pour crucifier l’Égypte (3-2).
Un succès entaché d’un soupçon de favoritisme
Les Pharaons, si proches d’un exploit historique, venaient de tout perdre en quelques minutes, victimes du talent argentin mais aussi de décisions arbitrales lourdes de conséquences. Le parallèle avec le Sénégal contre la Belgique est cruel : encore une sélection africaine proche d’un immense coup, encore une fin de match impossible à tenir.
L’Argentine, elle, poursuit son chemin avec cette impression étrange d’être parfois au bord du vide, mais toujours capable de s’en sortir. Après avoir déjà souffert contre le Cap-Vert au tour précédent, elle passe encore par un trou de souris. Messi continue d’écrire son tournoi, avec une influence intacte dans les moments décisifs. Mais pour l’Égypte, les regrets seront immenses et la colère légitime : si l’histoire retiendra la qualification de l’Albiceleste, ce succès restera irrémédiablement entaché d’un lourd soupçon de favoritisme arbitral.