
Turki Al-Sheikh vient de soumettre une offre de rachat pour un club de Championship. À Marseille, les supporters connaissent cette musique par cœur.
Le fonds souverain saoudien passe enfin à l’action en Europe. Selon le Times, Turki Al-Sheikh, président de l’Autorité générale du divertissement saoudienne, a soumis une offre formelle pour racheter Derby County, pensionnaire du Championship anglais. Une information confirmée par The Sun, qui précise que la Premier League et la Football Governance Regulator ont été informées de la démarche sans avoir encore commenté. Pour la première fois depuis des années de rumeurs, un geste concret vient d’être posé.
Derby County dans le viseur, mais l’OM dans l’oreille
Le club ciblé n’est pas l’Olympique de Marseille. Mais à Marseille, cette actualité va inévitablement rallumer une flamme entretenue depuis plus de cinq ans. Le feuilleton du rachat de l’OM par des intérêts saoudiens est devenu le serpent de mer ultime du football français : des contacts évoqués, des signaux interprétés, des démentis répétés, et un retour à la case départ tous les six mois environ. La dernière séquence notable remontait à mai 2025, avec l’ouverture d’un bureau du PIF à Paris et des déclarations d’un journaliste saoudien proche du fonds affirmant que « quand le Royaume veut quelque chose, il l’obtient toujours. »
L’obstacle central reste le même qu’hier. Le PIF possède déjà Newcastle United depuis 2021, et les règles UEFA sur la multipropriété interdisent à un même actionnaire de contrôler deux clubs engagés dans les compétitions européennes. Turki Al-Sheikh, lui, devra convaincre les autorités anglaises que ses fonds sont distincts du PIF, dont la puissance d’investissement irrigue aussi quatre des plus grands clubs de la Saudi Pro League, dont Al-Nassr. Une démonstration d’indépendance financière qui s’annonce délicate à construire face à des régulateurs désormais vigilants.
Et l’OM dans le rétroviseur saoudien
Frank McCourt, de son côté, n’a jamais officiellement mis l’OM en vente. Sa valorisation du club tourne autour du milliard d’euros, un prix que personne n’a encore voulu ou pu aligner. Le nettoyage financier opéré ces dernières années, les 94,5 millions injectés, la nomination de Stéphane Richard à la présidence en avril 2026 : autant d’éléments que les partisans de la vente lisent comme des signaux de préparation, et que les sceptiques rangent dans la catégorie des coïncidences.
Ce qui change aujourd’hui, c’est qu’on ne parle plus d’intentions vagues mais d’une offre formelle déposée sur un club européen. Les Saoudiens ont prouvé qu’ils savaient passer de la rumeur à l’action, Newcastle en est la preuve vivante. Si Derby County valide leur retour dans le football anglais, la question d’un deuxième club européen reviendra avec encore plus de force. Et à Marseille, elle n’aura jamais autant résonné.