Baghdad Bounedjah ne sera pas de la Coupe du monde. Petkovic a jugé sa présence néfaste pour l'équilibre du groupe. Un verdict sans appel, et sans surprise.
Il avait inscrit le but le plus important de l’histoire récente du football algérien. Celui qui avait offert la CAN 2019 face au Sénégal, dans les dernières secondes d’une finale électrique, rêvait de prolonger son histoire avec les Fennecs sur la plus grande scène mondiale. Ce rêve vient de mourir. Et ce n’est pas une blessure qui en est responsable.
Bounedjah, première victime d’un coup de balai disciplinaire
Selon le média Ennahar, Vladimir Petkovic a décidé d’écarter Baghdad Bounedjah de la liste pour la Coupe du monde 2026, estimant que sa présence ne serait pas bénéfique pour l’équilibre du groupe. Le sélectionneur bosnien craindrait « une influence négative sur certains coéquipiers » et ne veut prendre aucun risque avec un effectif appelé à vivre ensemble plus d’un mois. La formulation est diplomatique. Le fond est brutal : Bounedjah est perçu comme un élément parasite, une brebis galeuse susceptible de contaminer un collectif en construction.
La décision prend racine dans ce qui s’est passé lors de la dernière CAN. L’attaquant de 33 ans avait mal vécu son statut de remplaçant, exprimant ouvertement son mécontentement lorsqu’il était sorti du terrain, déplorant publiquement de ne pas avoir été assez servi par ses coéquipiers. Quand il n’a pas démarré titulaire contre le Nigeria en quart de finale, sa réaction n’est pas passée inaperçue au sein du staff. À son âge et avec son vécu, on attendait d’un cadre qu’il encaisse, qu’il fasse corps avec le groupe. Il a fait l’inverse.
Baghdad Bounedjah, héros de la CAN 2019, ne verra pas la Coupe du monde 2026. Vladimir Petkovic l’a écarté pour « influence négative ». Un symbole : le talent ne protège pas quand le collectif passe avant tout.
Petkovic trace une ligne rouge que personne ne pourra franchir
Ce qui est remarquable dans ce choix, c’est son timing. Bounedjah reste un profil rare dans ce groupe algérien : attaquant de pivot, capable de fixer les défenses et de jouer dos au but dans un effectif qui manque de ce type de solutions. L’opinion publique algérienne était majoritairement favorable à sa convocation, précisément pour cette raison. Mais Petkovic a visiblement décidé que l’harmonie du vestiaire pèse plus lourd que n’importe quel profil technique.
La Coupe du monde commence avant le premier match. Elle se gagne ou se perd dans les vestiaires, dans la gestion des egos, dans la capacité d’un groupe à souffrir ensemble sans que les frustrations individuelles fassent tout exploser. En sacrifiant Bounedjah, Petkovic envoie un message sans équivoque à l’ensemble du groupe : le talent et le vécu ne protègent personne. Même l’auteur du but le plus précieux des Fennecs au 21e siècle peut rester à la maison s’il ne joue pas le jeu collectif. Pour Bounedjah, à 34 ans, la Coupe du monde restera probablement un rêve inachevé.