Le documentaire Netflix Le bus, les Bleus en grève apporte un éclairage inédit sur l'un des mystères les plus tenaces du football français : l'identité de la "taupe" de Knysna.
Seize ans après les faits, la thèse d’un traître agissant par malveillance laisse place à celle d’une maladresse aux conséquences dévastatrices.
Contrairement à la traque médiatique de l’époque qui cherchait un coupable intentionnel, les acteurs du documentaire s’accordent sur une version plus banale. Selon Vincent Duluc (L’Équipe) et l’ancien attaché de presse François Manardo, l’information aurait fuité par pure « connerie » plutôt que par trahison. La personne à l’origine de la fuite ne saurait d’ailleurs toujours pas, à ce jour, qu’elle est la fameuse taupe.
Raymond Domenech va plus loin en désignant Franck Ribéry comme l’élément déclencheur. Selon l’ancien sélectionneur, tout serait parti d’une confidence informelle en zone mixte après le match contre le Mexique. En lâchant simplement que « c’était chaud » entre Anelka et le coach, Ribéry aurait ouvert une brèche dans laquelle les journalistes se sont engouffrés, sollicitant ensuite agents et proches pour reconstituer — et parfois déformer — le dialogue.
Un démenti sur la violence des propos
Le documentaire rappelle également un point crucial : l’ensemble des protagonistes (Anelka, Domenech, Evra) continue de nier la version littérale des insultes publiée à l’époque par L’Équipe. Cette hypothèse de la « taupe ignorante » expliquerait comment une tension de vestiaire, certes réelle, a pu se transformer en une déflagration médiatique incontrôlable, basée sur des fragments de conversations rapportés indirectement.
Cette perspective humanise paradoxalement le drame de 2010, le transformant d’un complot orchestré en un tragique téléphone arabe dont le football français ne s’est jamais vraiment remis…