Dans un Bernabéu frondeur, le Real Madrid s'impose sans briller face à Alavés (2-1). Mbappé, chanceux, et Vinícius, génial, offrent un succès de consolation à une équipe merengue qui semble avoir déjà dit adieu au titre en Liga.
L’atmosphère était lourde, électrique et chargée de rancœur dans les travées du Santiago Bernabéu. Menacé par le spectre d’une deuxième saison blanche consécutive après son élimination face au Bayern Munich, le Real Madrid a abordé la réception du Deportivo Alavés dans un climat de procès public. Sous les sifflets nourris d’un public frondeur à l’annonce des compositions, les hommes d’Alvaro Arbeloa devaient impérativement réagir. Ils ont finalement assuré l’essentiel en s’imposant laborieusement (2-1), s’offrant une simple bouffée d’oxygène dans une fin de saison qui s’annonce d’une infinie longueur.
La réussite salvatrice de Kylian Mbappé
Tétanisée par la pression et engluée dans un faux rythme, la Maison Blanche a d’abord livré une partition poussive, monopolisant le ballon sans la moindre étincelle créative. La délivrance est finalement venue d’un immense coup de pouce du destin. À la 30e minute, servi par Arda Güler, Kylian Mbappé a déclenché une frappe lointaine du pied droit. Largement déviée, la trajectoire a lobé le portier basque (1-0). Un but aux allures de miracle qui a arraché un sourire de soulagement à l’attaquant français, mettant fin à une disette accablante de huit matchs consécutifs sans marquer en Liga.
Ce coup de pouce providentiel a eu le mérite de décrisper les esprits. Au retour des vestiaires, le Real s’est mis à l’abri grâce à un éclair de génie individuel, l’un des rares véritables frissons de la soirée. À la 50e minute, Vinícius Júnior s’est emparé du cuir à vingt-cinq mètres des buts avant d’enrouler une frappe somptueuse du droit dans le petit filet (2-0). Un chef-d’œuvre absolu qui a fait lever les 61 000 spectateurs, transformant la fronde initiale en applaudissements nourris pour un Brésilien presque désolé, réclamant l’apaisement d’un geste de la main.
Une victoire pour retarder l’inéluctable
Malgré ce break, la soirée madrilène n’a jamais pris les contours d’une fête flamboyante. La sortie sur blessure musculaire d’Eder Militao à la pause, suppléé par Rüdiger, a rajouté une couche d’inquiétude. Entré à l’heure de jeu (63e) à la place de Tchouaméni, Eduardo Camavinga a stabilisé l’entrejeu sans pour autant échapper à la grogne persistante d’une partie du public. Et comme pour rappeler l’extrême fragilité de cet édifice, le Real a concédé une réduction du score évitable dans le temps additionnel, Toni Martínez profitant d’un mauvais renvoi défensif (2-1, 90e+3).
Au coup de sifflet final, l’arithmétique offre trois points précieux qui consolident la deuxième place du classement, mais le cœur n’y est pas. L’écart béant avec le leader barcelonais condamne spirituellement les espoirs de titre de cette équipe en mode survie. Le Real Madrid d’Arbeloa gagne pour s’éviter le chaos total, dépendant toujours trop des fulgurances de ses individualités. Le chantier est immense, et le grand public madrilène attend désormais la fin de ce calvaire avec une résignation non dissimulée avant les prochaines échéances.