La démonstration a été totale, la supériorité écrasante. Mais en football, la vérité d'un soir n'est pas toujours celle du lendemain.
Le Parc des Princes a assisté à une leçon de football. En quart de finale aller de la Ligue des Champions, le Paris Saint-Germain a surclassé Liverpool (2-0), livrant une prestation XXL qui a impressionné toute l’Europe. Une domination totale, une maîtrise absolue, un score qui aurait même pu, et dû, être bien plus lourd. À l’issue de cette démonstration, le constat était unanime : la qualification est quasiment acquise. Pourtant, au milieu de ce concert de louanges, une voix, et pas n’importe laquelle, est venue jeter un froid et rappeler que le plus dur restait peut-être à faire.
« Je ne pense pas que ce soit terminé »
Cette voix, c’est celle d’Alan Shearer. L’ancienne gloire de Newcastle et de l’équipe d’Angleterre, aujourd’hui consultant respecté, a livré une analyse à contre-courant. Pour lui, malgré la prestation indigente des Reds, l’affaire est loin d’être pliée. « Je ne pense pas que ce soit terminé », a-t-il affirmé, rappelant la magie d’Anfield et sa capacité à renverser des montagnes. « S’ils marquent le premier but, le stade va s’enflammer et tout peut arriver ».
Cet avertissement n’est pas à prendre à la légère. Il s’appuie sur l’histoire, sur ces soirées européennes où Liverpool, porté par un public en fusion, a réussi des « remontadas » légendaires. Le PSG, de son côté, traîne une réputation de fragilité mentale qui ressurgit à chaque fois que le club se retrouve en position de force. Le spectre de la « remontada » de Barcelone en 2017 plane toujours.
Le souvenir de Liverpool – PSG de 1997
D’ailleurs, l’histoire des confrontations entre les deux clubs est un avertissement en soi. En 1997, en demi-finale de la Coupe des Coupes, le PSG s’était imposé 3-0 à l’aller, avant de trembler jusqu’à la dernière seconde à Anfield (défaite 2-0). Une qualification au forceps qui avait rappelé que, face à Liverpool, rien n’est jamais acquis.
Luis Enrique, qui connaît mieux que quiconque les pièges de la Ligue des Champions, ne s’y est pas trompé. « Ce sera très difficile à Anfield, on va souffrir là-bas », a-t-il prévenu, refusant de céder à l’euphorie. Le message est clair, et la sortie d’Alan Shearer ne fait que le renforcer. Le PSG a fait un grand pas vers les demi-finales, mais la dernière marche est souvent la plus haute. Et à Anfield, elle a des allures d’Everest.