Le PSG voulait des étoiles, il a récolté une poudrière géopolitique. Derrière la photo officielle ratée au Qatar et les explications polies de Safonov, le malaise entre le Russe et Zabarnyi n'est plus un secret. Paris doit assumer.
C’est une scène qui prêterait à sourire si le contexte n’était pas aussi dramatique. Sur la photo officielle du PSG au Qatar, devant l’avion de la compagnie nationale, Matvey Safonov est introuvable. Enfin, presque. En y regardant de plus près, on aperçoit ses jambes derrière Khvicha Kvaratskhelia. Le gardien russe s’est empressé d’éteindre l’incendie sur Telegram, expliquant avec une politesse suspecte qu’il s’était « volontairement caché » pour ne pas gâcher le cliché. Une maladresse de placement ? Peut-être. Mais au PSG, les « maladresses » diplomatiques commencent à s’accumuler dangereusement, et à force de crier au loup pour nous dire qu’il n’y a aucun problème, on finit par ne plus y croire.
La paix armée entre Safonov et Zabarnyi a vécu
Le club de la capitale a beau jeu de répéter en boucle que « tout va bien », les faits sont têtus. Recruter Illia Zabarnyi pour 70 millions d’euros alors que Matvey Safonov est déjà dans l’effectif, c’était jouer avec des allumettes au milieu d’un dépôt de munitions. En pleine guerre russo-ukrainienne, réunir deux joueurs issus de nations ennemies n’était pas seulement un pari sportif risqué, c’était une faute politique. Paris a voulu croire que le football était une bulle étanche, imperméable aux bombes qui tombent à Kiev et à la propagande de Moscou. C’était faire preuve d’une naïveté confondante ou d’une arrogance totale.
Aujourd’hui, le club paie l’addition de cette gestion hasardeuse. Quand Zabarnyi déclare forfait pour une grippe diplomatique le jour où Safonov est titulaire, tout le monde comprend. Quand l’épouse du défenseur cite son grand-père pour insulter les « Moscovites » sur les réseaux sociaux, le malaise devient palpable. Et quand le gardien russe doit se justifier de ne pas apparaître sur une simple photo de groupe pour éviter de parasiter la préparation de la Coupe Intercontinentale, on atteint le sommet de l’absurde.
Il faut trancher dans le vif
Le PSG ne peut pas continuer à naviguer à vue entre les gouttes. Cette « paix froide » vantée par la direction ne tient qu’à un fil. Safonov a beau jouer le jeu de l’apaisement par respect pour l’institution, et Zabarnyi celui du professionnel mutique, la situation est intenable sur la durée. On ne construit pas un vestiaire sain sur des non-dits aussi lourds. L’entrée en jeu commune à Bilbao n’a rien réglé sur le fond : humainement, le fossé est infranchissable tant que le conflit perdure.
Maintenant, Paris doit assumer ses choix. Soit le club continue de bricoler en espérant qu’aucun incident majeur n’éclate, soit il tranche lors du prochain mercato. Le départ probable de Safonov cet hiver, évoqué avec insistance, ressemble moins à un choix sportif qu’à une exfiltration diplomatique nécessaire. C’est peut-être injuste pour le gardien russe, irréprochable sur le terrain depuis dix jours, mais c’est le prix à payer pour avoir ignoré la réalité du monde. À Paris, on apprendra peut-être un jour qu’on ne peut pas acheter la paix sociale aussi facilement qu’une recrue.