
Novak Djokovic a franchi le premier tour lundi soir de Wimbledon face au Chinois Wu Yibing après une bataille de 3h12 (6-4, 5-7, 6-4, 6-4). Une rencontre qui s’est achevée sous le toit. Venu très tard en conférence de presse, le Serbe a d’abord été interrogé sur le nombre croissant de blessures sur le circuit. L’occasion pour lui de livrer une profonde analyse. L’ATP n’a pas été épargné.
"J'ai vu qu'il y avait beaucoup de débats autour de la refonte des Masters 1000 (NDLR: élargis à douze jours). Parce que c’est un gros changement. Moi, j'ai toujours été contre. Commercialement, cela ajoute évidemment de la valeur, mais de la valeur pour qui? De la valeur principalement pour les propriétaires des tournois."
Pas dupe, Novak Djokovic a développé sa pensée après sa difficile victoire au 1er tour de Wimbledon, lundi face Wu Yibing (6-4, 5-7, 6-4, 6-4): "Chaque propriétaire de Masters 1000 a amélioré ses installations. Mais ces nouveaux stades, ce sont des investissements qui vont également à l'encontre du prize money et de leurs négociations avec l'ATP. Ils justifient ces investissements auprès de l'ATP. L'ATP, ou nous, les joueurs et les tournois de l'organisation ATP, bénéficions et tirons profit des revenus du stade uniquement pendant la durée du tournoi, qui est de moins de deux semaines. Que se passe-t-il pendant les 50 autres semaines? Tout va dans la poche du propriétaire du stade."
Djokovic: "Il faut des formats plus dynamiques"
Personnage rassembleur, Novak Djokovic est à l’écoute des autres joueurs. Et il entend les doléances. "Je vois des joueurs comme Alcaraz et d'autres se plaindre de la longueur des tournois et du fait de ne pas être à la maison. Je le comprends. Je n'aime pas ça non plus. Je pense que le tennis a vraiment besoin d'un redémarrage d'une certaine manière à un niveau plus large. Je pense que nos circuits respectifs ne fonctionnent pas bien du tout. Je veux dire, il se passe beaucoup de choses en coulisses, des réunions, des relations qui ne vont pas dans la bonne direction."
"Ce que nous devons faire, à mon avis, si nous voulons que ce sport s'améliore vraiment et que le circuit connaisse un succès durable à l'avenir, dans les prochaines décennies, et soit capable de rivaliser avec la popularité de tous les autres sports mondiaux, nous devons simplement réunir toutes les parties prenantes de notre sport, tous les acteurs clés, nous asseoir, et voir ce que nous pouvons faire."
La consommation du sport a évolué, Novak Djokovic le sent. Il faut aller chercher un public plus jeune.
"Les Grands Chelems sont les piliers"
"Comment attirer un public plus jeune vers le tennis? La PTPA (NDLR: une sorte de syndicat qu’il a quitté il y a peu) avait mené une étude: l'âge moyen du fan de tennis dans le monde était de 61 ans. Avec tout le respect que je dois, comment attirer les jeunes vers le tennis? Nous les intéressons peut-être aux Grands Chelems. C'est tout. Ils ne vont pas s'asseoir pendant quatre ou cinq heures pour regarder du tennis tous les jours comme ça. Cela n'arrivera tout simplement pas. Ils ont une capacité d'attention courte. Nous devons voir ce que le marché demande. Comment les atteindre? À mon avis, nous devons changer le format, les circuits, faire en sorte que les tournois aient des matchs plus courts, plus dynamiques, être capables d'avoir quelque chose de plus intéressant et de plus court, car c'est trop long. Vous voyez ce que je veux dire?"
Une déclaration forte prononcée au début d’un Grand Chelem. Mais Novak Djokovic le martèle, il ne faut pas toucher au format des quatre Majeurs: "Ce sont les piliers."