Après une longue période marquée par les problèmes physiques, Stefanos Tsitsipas assure avoir tourné la page. Sa victoire contre Hugo Gaston symbolise, selon lui, le début d'un nouveau chapitre. 4 min de lecture
Pour son entrée en lice à Wimbledon, Stefanos Tsitsipas a envoyé un signal positif.
Le Grec a dominé Hugo Gaston en affichant un niveau de jeu rassurant, seulement quelques jours après avoir officiellement mis fin à sa collaboration avec son père, Apostolos Tsitsipas.
« J'ai retrouvé une partie du joueur que j'étais »
Interrogé sur son état d'esprit après cette victoire, Stefanos Tsitsipas a expliqué avoir retrouvé des sensations qui lui avaient manqué ces derniers mois.
« Le joueur que j'étais il y a quelques années m'a vraiment manqué. Aujourd'hui, sur le court, je repensais aux grands moments que j'ai vécus ici à Wimbledon.
Peu importe le résultat, j'arrivais toujours à ce tournoi avec énormément de détermination, un vrai plaisir de jouer sur gazon et la conviction de pratiquer mon meilleur tennis.
Ce match a été comme un retour dans le passé. J'ai essayé de retrouver certaines qualités, certaines habitudes et certaines façons de penser qui faisaient partie de mon identité. Je veux continuer dans cette direction et voir jusqu'où cela peut m'emmener. »
Le Grec assure vouloir rester fidèle aux bases qui ont construit son succès : un tennis offensif, basé sur la prise d'initiative.
« Mon service et mon retour sont essentiels, car ce sont les coups qui lancent chaque point. Quand je suis en bonne santé et que mon service fonctionne bien, je sens que les opportunités arrivent naturellement.
J'ai toujours eu confiance dans ma capacité à prendre des risques avec mon coup droit dans les moments importants.
Mon jeu repose sur l'attaque, la capacité à saisir les occasions et à faire les bons choix. Je ne veux pas seulement frapper fort : je veux jouer avec intelligence et trouver le bon équilibre. »
« À un moment donné, je me suis perdu »
« Ce qui me ramène toujours au tennis, c'est l'amour que j'ai pour ce sport. J'adore ce jeu. J'ai traversé des moments très difficiles avec des blessures que je n'aurais jamais imaginé connaître quand j'étais enfant.
Je n'aurais jamais pensé devoir passer par une opération ou plusieurs hospitalisations. Cela fait partie du parcours et j'ai accepté que beaucoup d'athlètes traversent ce genre d'épreuves.
À un moment donné, je me suis perdu. Ces dernières années, j'ai beaucoup cherché à changer et à améliorer certains aspects de mon jeu.
Parfois, j'ai essayé d'ajouter des choses qui ne correspondaient pas vraiment à ma personnalité, même si les personnes autour de moi pensaient que c'était nécessaire.
Sur le circuit, il faut s'adapter rapidement car les tournois s'enchaînent. Toute cette pression, l'anxiété et le stress ont fini par peser lourd sur mes épaules.
Aujourd'hui, j'essaie de moins penser aux victoires et aux défaites. Je veux simplement profiter de chaque match et de chaque occasion de jouer. »
« Mon dos n'est plus un problème »
Longtemps freiné par des douleurs au dos, Tsitsipas assure désormais avoir retrouvé une pleine confiance physique.
« Mon dos n'est plus un problème. Cette période est derrière moi depuis longtemps. Le plus important, c'est que je ne me réveille plus chaque matin en me demandant si je vais pouvoir jouer sans douleur.
L'année dernière, c'était complètement différent. Je n'étais jamais certain de pouvoir terminer un tournoi normalement. Depuis quelques mois, je me sens vraiment bien, et cela me redonne confiance dans ma capacité à aller loin dans les grands rendez-vous. »
« J'ai toujours senti que mon jeu pouvait fonctionner sur gazon »
Même s'il a grandi en Grèce, où les courts en gazon sont rares, Tsitsipas a toujours apprécié cette surface particulière.
« Nous n'avons pas de courts en gazon en Grèce. Parfois, je me dis que j'aurais aimé être né en Australie. J'ai grandi sur terre battue et la première fois que j'ai joué sur gazon, c'était à 16 ans, à Wimbledon junior. C'était une expérience incroyable.
Je n'ai peut-être pas encore obtenu les résultats que j'espérais ici, mais j'ai toujours eu le sentiment que mon jeu pouvait très bien s'adapter à cette surface.
Certaines personnes parlent du gazon de manière négative. Moi, je préfère le voir comme un défi. Le tennis a besoin de défis et cette surface représente une aventure très intéressante. Je pense qu'il existe une vraie connexion entre mon jeu et le gazon. »
« Les marges sont devenues extrêmement faibles »
Enfin, Tsitsipas a évoqué l'augmentation des blessures dans le tennis moderne, qu'il attribue notamment à l'intensité croissante du circuit.
« Les raquettes ont évolué, elles ne sont pas devenues moins bonnes. Je pense que le problème vient davantage de la charge de travail. Il y a beaucoup de tournois, beaucoup d'heures d'entraînement et les marges sont devenues extrêmement faibles.
Aujourd'hui, tout le monde frappe très bien la balle et tout le monde se déplace très bien. Cela oblige chacun à progresser constamment.
Quand on s'entraîne autant et qu'on joue semaine après semaine, il est presque logique que des blessures liées à la fatigue apparaissent tôt ou tard.
La bonne nouvelle, c'est que la médecine a énormément progressé et que nous disposons aujourd'hui de solutions qui n'existaient pas il y a vingt ans. »