Dans une interview, Marketa Vondrousova raconte sa version de l’affaire qui l’oppose à l’ITIA et dénonce une procédure qu’elle estime injuste et incomplète. 2 min de lecture
L’affaire Marketa Vondrousova continue de provoquer de vives réactions dans le monde du tennis.
La joueuse tchèque, suspendue quatre ans par l’ITIA pour refus d'un contrôle antidopage, a livré sa version des faits dans une interview accordée à iSport et conteste fermement la manière dont son dossier a été traité.
« Une présentation très simplifiée »
Vondrousova estime que la version donnée par l’Agence internationale pour l'intégrité du tennis ne reflète pas l’ensemble de la réalité.
« Je ne veux pas me faire passer pour une victime ni dire qu’ils mentent totalement, mais ils présentent les choses de manière très simplifiée. Pour nous, c’est difficile d’accepter qu’ils agissent comme si tout avait été correctement fait de leur côté.
La commissaire a admis qu’elle ne m’avait montré aucun document alors qu’elle devait le faire. Elle savait ce qu’elle devait faire, mais elle ne l’a pas fait. »
Une visite vécue comme un choc
La joueuse revient aussi sur le déroulement de la soirée, qu’elle décrit comme particulièrement stressante :
« Elle a juste dit 'ITF, dopage'. J’étais seule, j’ai eu peur. Elle a continué à sonner, encore et encore. J’ai paniqué, j’ai pris mon chien et je suis descendue. Elle bloquait déjà l’entrée. C’était extrêmement stressant.
Elle devait me montrer sa carte et vérifier mon identité. Elle a reconnu qu’elle savait qu’elle devait le faire, mais rien de tout cela ne s’est produit. À ce moment-là, devant ma porte, c’était réellement une inconnue.
Elle répétait : 'Vous devez me laisser entrer'. Je lui répondais que je ne savais pas qui elle était et que je ne laisserais pas entrer une inconnue chez moi. Puis elle m’a dit : 'Signez ce papier et je partirai'. C’était le seul moyen que je voyais pour qu’elle s’en aille.
Avant de partir, elle m'a aussi dit : 'Je ne pense pas que ce soit bon pour vous'. »
Signature sous pression et désaccord sur les règles
La Tchèque explique avoir signé un document dans un moment de stress, qu’elle juge aujourd’hui problématique :
« Le document contenait des règles anciennes, pas mises à jour. Il était clairement indiqué que la sanction maximale était de deux ans. Maintenant, quatre ans de suspension, c’est presque une fin de carrière pour moi. »
Vers un appel ?
La joueuse n’exclut pas de faire appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), mais attend d’abord la décision complète.
« Tout le monde autour de moi me dit de continuer à me battre. Mais nous devons d’abord analyser le dossier. »
« Ils ont voulu montrer leur pouvoir »
Vondrousova conclut sur un sentiment plus global d’injustice :
« J’ai l’impression qu’ils ont voulu montrer leur pouvoir avec moi. Mais je n’ai jamais été contrôlée positive. C’est très difficile de se défendre seule face à une organisation aussi puissante. »