Alors que son éviction circulait déjà partout, Sabri Lamouchi a adopté une attitude aussi professionnelle que surprenante.
La journée avait commencé dans une atmosphère presque irréelle autour de la sélection tunisienne. Au lendemain de l’humiliation contre la Suède (1-5), les informations annonçant le départ de Sabri Lamouchi se multipliaient, tandis que la Fédération tunisienne préparait sa succession. Le principal intéressé, lui, attendait toujours qu’un responsable lui communique directement la décision. Face à ce silence, il a choisi de suivre son programme habituel.
Lamouchi présent au terrain avant ses joueurs
Selon les révélations d’Ahmed Adala, journaliste à Radio Mosaïque FM, Lamouchi s’est rendu au terrain d’entraînement avant le début de la séance et même avant l’arrivée de ses joueurs. Alors que la majorité des membres de la Fédération souhaitaient déjà s’en séparer, le sélectionneur n’avait reçu aucune notification officielle. Il s’est donc présenté pour travailler, comme si les discussions entourant son avenir ne le concernaient pas encore.
La scène peut surprendre, mais son attitude reste parfaitement compréhensible. Tant que son employeur ne lui avait pas signifié la rupture de son contrat, Lamouchi demeurait officiellement responsable des Aigles de Carthage. Faire l’autruche face aux rumeurs constituait aussi une manière de rester professionnel et de ne pas abandonner un groupe encore engagé dans la Coupe du monde. La Fédération a finalement officialisé son éviction quelques instants plus tard.
La Tunisie confie la sélection à Mondher Kebaier
La lourde défaite contre la Suède aura donc précipité une décision devenue presque inévitable. Déjà fragilisé par le revers concédé contre la Belgique en préparation (0-5), Lamouchi n’aura dirigé la Tunisie que pendant cinq rencontres. Son équipe n’a remporté qu’un seul match, face à Haïti, avant d’enchaîner un nul contre le Canada et trois défaites contre l’Autriche, la Belgique et la Suède.
Mondher Kebaier doit désormais reprendre la sélection à titre intérimaire, avec Anis Boujelbene également pressenti pour intégrer le nouvel encadrement. La Tunisie affrontera le Japon samedi avant de défier les Pays-Bas. L’électrochoc recherché intervient en pleine compétition, dans une urgence absolue. Lamouchi, lui, aura quitté ses fonctions d’une manière singulière : présent au travail jusqu’au moment où ses dirigeants lui ont officiellement demandé de ne plus l’être.