
Cette édition 2026 de Roland-Garros s’est révélée être assez unique. Du forfait d’Arthur Fils à la défaillance de Jannik Sinner à cause de la chaleur, en passant par l’éclosion de Moïse Kouame, le millésime de cette année restera dans les annales.
ON A AIMÉ
L’avènement d’une nouvelle génération
Ce dernier a été incarné par les "teenagers", c’est-à-dire les moins de 20 ans comme Kouame, Fonseca ou Mensik. Le Français est entré dans le cœur des téléspectateurs après son combat épique de 4h56 face au Paraguayen Vallejo. Invité par les organisateurs, Kouame a montré qu’il pouvait combattre en cinq sets et a pris rendez-vous avec le public parisien pour les vingt prochaines années.
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Djokovic-Fonseca, le meilleur match de la quinzaine
Cinq sets, un combat entre deux générations. Le Brésilien, mené deux sets à zéro, a renversé la montagne serbe. Fonseca n’a pas flanché tennistiquement et mentalement. S’il a raté son quart contre l’autre révélation, le Tchèque Mensik, le Brésilien a aussi pris rendez-vous pour l’avenir alors qu’un certain Gustavo Kuerten, triple vainqueur, l’a observé durant la quinzaine. Autre passation de pouvoir, mais chez les dames: le match entre Svitolina et Kostyuk en quart de finale. Une affiche 100% ukrainienne qui symbolise aussi un passage de témoin, illustré lorsque Svitolina a offert sa raquette à Kostyuk.
Les combats marathon
C’est peut-être le revers de la médaille de la chaleur, mais il y a eu 31 matchs en cinq sets dans le tableau masculin. Aucun joueur ne voulait lâcher, le public et nous avons adoré. Mention spéciale au match entre Juan Manuel Cerundolo, tombeur de Sinner, et Martin Landaluce, qui a duré 5h58. C’est le troisième match le plus long de l’histoire du tournoi parisien, mais c’est le plus long depuis l’introduction du super tie-break à 6-6 dans le cinquième set. Le record, qui avec ce nouveau format ne sera jamais battu, est toujours détenu par Fabrice Santoro et Arnaud Clément en 2004, qui avaient ferraillé pendant 6 heures et 33 minutes.
ON N'A PAS AIMÉ
Le tennis féminin français
Un manque cruel de densité et de joueuses capables de briller au plus haut niveau. La wild-card donnée à Ksénia Efremova, 16 ans, était trop précoce. Si Diane Parry a brillé en atteignant la deuxième semaine, le risque de ne voir plus qu'une seule Française dans le top 100 dans les prochains mois est réel.
Les deux numéros 1 mondiaux au tapis
Jannik Sinner, battu par la chaleur, et Aryna Sabalenka battue, elle aussi, par elle-même sur le plan mental. La terre parisienne se refuse toujours à eux.
Le spectacle des night sessions
Censées proposer les meilleures affiches de chaque journée, les night sessions 2026 n’ont pas offert beaucoup de spectacle. Les deux seules affiches qui ont transporté le public (qui n’avait payé que pour ça) sont Ruud-Fonseca et la première night session féminine depuis 2023, Sabalenka-Osaka. Malgré la courte durée du match (1h30), l’organisation a offert la possibilité aux spectateurs du court central d’aller ensuite sur le court Suzanne-Lenglen voir l’épique Tiafoe-Arnaldi, qui s’est terminé au bout de la nuit. Une soirée magique qui ne rattrape pas les affiches décevantes comme Zverev-Machac ou Auger-Aliassime-Nakashima, même si cette dernière affiche tombait le soir de la finale PSG-Arsenal.
La chaleur
La première semaine de Roland-Garros a été marquée par une forte vague de chaleur. Des pointes à 35°C sous abri et, surtout, des défaillances chez les joueurs. Il y a évidemment eu le coup de chaud de Jannik Sinner, mais Jakub Mensik a aussi quitté le terrain en chaise roulante lors de sa victoire au deuxième tour face à l’Argentin Navone, là aussi à l’issue de cinq manches. Casper Ruud était au bord du malaise lors de son premier match, tout comme l’adversaire d’Elsa Jacquemot au premier tour, Linda Fruhvirtova, très mal en point à cause de la chaleur. La direction du tournoi se réfère à un indice utilisé dans tous les Chelems, mêlant température et taux d’humidité. À partir d’un certain seuil, des pauses supplémentaires sont accordées, notamment à l’issue du deuxième set. Mais en raison d’un taux inférieur à 40% d’humidité dans l’air, les procédures n’ont jamais été activées. Roland-Garros et Amélie Mauresmo n’ont cessé de répéter, après les polémiques sur la répartition des gains, que la priorité était le confort des joueurs et des joueuses. Les installations dans le stade sont effectivement de très bonne qualité, mais le confort passe aussi par le fait de les protéger des conditions climatiques extrêmes.