Cette déclaration de Rayan Cherki illustre parfaitement le fossé générationnel et de communication qui peut parfois exister au sein de la sélection nationale.
En affirmant haut et fort que les Bleus n’iraient pas au Mondial « pour faire de la figuration » mais « pour écraser tout le monde », le milieu offensif de 22 ans a rappelé sa spontanéité caractéristique, celle-là même qui fait sa force sur le terrain, comme en témoigne son but exceptionnel inscrit face à la Côte d’Ivoire.
Cependant, cette audace verbale a immédiatement activé les radars de Didier Deschamps. Fidèle à sa légendaire culture du respect de l’adversaire et du profil bas, le sélectionneur tricolore ne pouvait pas laisser passer une telle punchline sans un recadrage pédagogique. L’entretien qui a suivi entre le joueur et le coach met en lumière la gestion humaine rigoureuse du staff :
Deschamps a tenu à alerter son jeune joueur sur l’effet « boomerang » de telles phrases, qui peuvent servir de motivation supplémentaire pour les futurs adversaires des Bleus en phase de poules et crisper le grand public. Les proches du joueur ont rapidement désamorcé la polémique en expliquant que Cherki avait simplement utilisé « ses mots, ceux de sa génération, affirmer l’ambition de l’équipe de France ».
Le malentendu est déjà levé.
Heureusement pour le nouveau Citizen, cet échange « dans la plus grande bienveillance » montre que le malentendu est déjà levé. Sa place et son statut sportif ne sont en rien menacés pour la compétition. À quelques jours du début des hostilités, Rayan Cherki sait désormais qu’il est attendu au tournant, et qu’il aura tout intérêt à joindre les actes à la parole sur les pelouses américaines pour prouver que les Bleus ont effectivement les moyens de leurs ambitions.