À trois semaines du Mondial, le Maroc joue avec le feu. Un cadre défensif pourrait manquer le choc d'ouverture face à la Seleção.
Le Maroc avance vers son rendez-vous américain entre ambition et inquiétude. À trois semaines du coup d’envoi face au Brésil le 13 juin à Inglewood, le staff de Mohamed Ouahbi affiche un visage radieux mais ronge son frein en interne. Un cadre absolu de la charnière, indispensable depuis le parcours historique de Doha, n’arrive plus à retrouver son rythme. Et son cas vire au casse-tête.
Aguerd, ce taulier qu’on n’a pas le droit de perdre
L’homme du dossier s’appelle Nayef Aguerd. Le défenseur de l’Olympique de Marseille traîne depuis plusieurs mois une blessure dont il ne se remet pas. Selon les informations recueillies par le média winwin, le central marocain reste hors course malgré une rééducation intensive. À 30 ans, Aguerd est pourtant le repère du système Ouahbi, le patron silencieux d’une défense qui devra contenir Vinicius et Raphinha en ouverture.
Le staff médical des Lions de l’Atlas mobilise tous ses moyens pour le remettre sur pied avant le rendez-vous américain. La piste privilégiée à Rabat est désormais claire : Aguerd manquera probablement le match d’ouverture face à la Seleção, avant un retour ciblé sur la deuxième rencontre face à l’Écosse. Une absence d’une rencontre qui peut tout changer dans une poule sans filet.
Le souvenir 2022 plane sur Ouahbi
L’écho de la cascade de blessures qatarie hante encore les couloirs de la sélection. À l’époque, Walid Regragui avait géré l’infirmerie avec un sang-froid devenu légendaire. Mohamed Ouahbi, nouveau patron technique, hérite d’un dossier piégé. Lancer un Aguerd à 70 % face au Brésil ? Trop risqué. Le faire patienter ? Indispensable, mais douloureux pour un onze entièrement construit autour de lui.
La Coupe du monde démarre le 11 juin pour s’achever le 19 juillet, répartie entre les États-Unis, le Mexique et le Canada. Le Maroc, logé dans le groupe C avec le Brésil, l’Écosse et Haïti, attaque la compétition par son plus gros morceau. Sans son taulier défensif, l’équation devient terriblement compliquée face à une attaque brésilienne qui ne pardonne aucune approximation.
Reste un mince espoir d’accélération dans les derniers jours de préparation. Ouahbi veut y croire, conscient que son onze type s’est entièrement construit autour de son numéro 3. Reste à savoir si la machine médicale tiendra le calendrier. Le sélectionneur attend, l’équipe attend, le Maroc attend. Et le Brésil, lui, n’attendra pas.