
Il est de retour à ce stade de la compétition. Matteo Berrettini s’est qualifié pour les quarts de finale de Roland-Garros ce lundi en dominant Juan Manuel Cerundolo 6-3, 7-6 [2], 7-6 [8]. Avec cette victoire et cette qualification en quarts de finale, l’Italien retrouve pour la première fois depuis 2021 ce stade de la compétition à Roland-Garros, année de sa défaite face à Novak Djokovic. Il n’avait d’ailleurs plus rejoué Porte d’Auteuil depuis cette édition. Il affrontera soit son compatriote Matteo Arnaldi, soit Frances Tiafoe, avec l’ambition d’aller encore plus loin et de continuer à rêver d’une finale. En conférence de presse, Berrettini est revenu sur la longue période marquée par les blessures, ainsi que sur la satisfaction de pouvoir enchaîner les victoires.
Vidéo - Matteo Berrettini après sa qualification pour les quarts de finale
"J'ai eu aussi la chance d'avoir autour de moi des gens qui m'ont aidé à trouver cette énergie"
Félicitations Matteo ! Qu'est-ce que cela signifie pour toi d'arriver jusqu'en quarts de finale ici, à Roland-Garros ?
Eh bien, je peux vous dire que c'était la fête après le match. J'étais super content, super reconnaissant aussi parce que ça a été un match difficile, notamment au troisième set où j'étais breaké et puis j'étais aussi à 6-3 mené dans le tie-break. Comme ça, j’ai pu gagner en 3 sets, ce qui est super. Je pense que mon niveau de tennis était vraiment excellent. Je suis heureux et très fier de moi.
Compte tenu de toutes les blessures que tu as eues, quand tu arrives à une telle victoire à ce niveau, est‑ce que cela la rend plus savoureuse ? Peux-tu nous en dire un peu plus ? C'est cela qui t’a provoqué cette émotion si forte que l'on a vue quand tu as gagné ?
Oui, ça rend les choses encore plus savoureuses, parce que je me souviens combien j'étais triste. Maintenant, je ne suis pas surpris. Mais j'ai réussi à me prouver à nouveau que je pouvais, même dans les moments les plus difficiles, trouver l'énergie qu'il fallait.
J'ai eu aussi la chance d'avoir autour de moi des gens qui m'ont aidé à trouver cette énergie, ces vibrations positives, cette pensée positive qui n'est pas toujours facile à trouver quand vous êtes dans la période sombre, où vous vous battez pour arriver à frapper quelques balles, ou vous êtes compétitif.
Or là, du premier point au dernier point, j'étais là, j'ai profité, je me parlais à moi‑même. Et c'est cela, le tennis, pour moi ! Être heureux, et prêt à se battre.
"C'est bon pour le sport, pour le tennis italien"
Félicitations pour cette belle victoire ! Tu as eu tellement de blessures. Est‑ce que tu joues un peu différemment pour te protéger le corps dans une certaine mesure, ou est‑ce que tu es quand même à 100 % sur tous les coups ? As‑tu changé quelque chose ?
On a essayé de comprendre s'il y avait des choses qui me donnaient du mal. Mais s'il y avait eu quelque chose en particulier, cela aurait été à chaque fois, à chaque service, ou à chaque coup.
En réalité, ce qu'il se passe, c'est que c'est un sport très exigeant, tant au plan physique que mental. C'est un des sports les plus difficiles, compte tenu des conditions, des voyages, du nombre d'heures d'entraînement… Je suis arrivé à la conclusion que mon corps était usé, et c'est normal.
Certains jouent de manière moins puissante. Moi, j'ai une manière de jouer assez puissante, et il fallait que je l'accepte. Donc la clé a été de trouver comment pouvoir jouer chaque coup à 100 %, et c'est ce qui m'a permis de m'en sortir en frappant fort, en mettant mon poids sur la balle. Mon service et mon coup droit, bien sûr, ce sont mes plus grandes armes. Être à 100 %, c'est la solution pour me sentir comme je me suis senti aujourd'hui.
Félicitations pour cette victoire ! Tu risques de te trouver face à un compatriote au prochain tour. Comment vas‑tu aborder ce match, et est‑ce que tu aurais préféré ne pas être contre un compatriote ?
Il a gagné le premier set, et je lui souhaite beaucoup de chance. Lui aussi est revenu après s'être blessé le pied. Il n'a pas pu jouer comme il le voulait, pendant très longtemps. C'est un très bon compétiteur. On a partagé le court à la Coupe Davis. Je lui souhaite tout le meilleur.
Bien sûr, on joue pour soi‑même, donc ce n'est pas grave, contre qui vous jouez. Si vous jouez contre un autre Italien, bien sûr, c'est un peu plus difficile, un peu plus piégeux. Mais cela arrive souvent parce que dans les quarts de finale, on a souvent Jannik, Lorenzo Musetti, et Darderi. Tout le monde joue un tennis incroyable. C'est bon pour le sport, pour le tennis italien. Et s'il gagne aujourd'hui, on peut être sûr qu'il y aura un Italien en demi‑finale, et ça, c'est bon pour les fans italiens !