
Alors qu'il s'était voulu rassurant après son abandon à Rome il y a deux semaines, Arthur Fils a finalement déclaré forfait pour Roland-Garros 2026 ce samedi, en raison d'une douleur à la hanche. Un énorme coup dur pour le Français, qui s'était déjà retiré du tournoi avant son 3e tour l'an passé, et qui sortait d'un printemps plus que convaincant.
Les spéculations allaient bon train, le couperet est finalement tombé ce samedi. À nouveau numéro un français après un printemps fructueux, Arthur Fils a annoncé son forfait pour Roland-Garros 2026 dans l'après-midi lors d'une conférence de presse. "Je ne vais pas pouvoir jouer ici cette année. C'est dommage, bien évidemment, et je suis désolé", a-t-il d'emblée déclaré en anglais devant les journalistes.
La raison: une douleur "autour de la hanche" survenue lors de la semaine d'entraînement à Rome, avant le Masters 1000 italien. Il avait finalement abandonné après avoir perdu les quatre premiers jeux de son premier tour. "Je n'ai alors pas voulu prendre de risques. Ensuite, j'ai passé quelques examens, tout semblait plutôt aller bien mais j'avais toujours très mal. Je n'ai pas pu m'entraîner ces deux dernières semaines. Aujourd'hui, c'était la première fois que je jouais des points depuis Rome", a révélé le Tricolore de 21 ans qui devait entrer en lice lundi contre Stan Wawrinka.
"Je ne veux pas prendre le moindre risque"
"Je ne suis pas à 100% pour jouer le tournoi et je ne veux pas prendre le moindre risque, contrairement à l'an passé. Il ne faut pas être stupide", a-t-il avancé. Contraint de déclarer forfait avant son 3e tour il y a un an, il avait ensuite été éloigné des terrains pendant de longs mois en raison de problèmes de dos. "Si c'était le dernier tournoi de ma vie, j'aurais joué. Mais j'ai 10, 15 ans devant moi. Je ne peux pas faire les mêmes erreurs à chaque fois."
Et de poursuivre: "Je l'ai senti venir (ce forfait) mais j'ai tout fait pour être prêt pour pouvoir jouer. Après, si ça fait 2 semaines que tu ne t'entraînes pas et quand tu reprends, tu ressens encore un peu de douleur, c'est assez simple... tu te dis: 'est-ce que t'es prêt à aller loin dans le tournoi, ou ton but c'est juste de passer un ou deux tours?' Je connais ma réponse. Mon but, c'est d'aller le plus loin possible et aujourd'hui, je ne suis pas capable de le faire. Je ne suis même pas sûr d'être à 50%."
Après un printemps réussi, qui l'avait notamment vu remporter le tournoi de Barcelone (ATP 500) et atteindre les demi-finales au Masters 1000 de Madrid, seulement battu par Jannik Sinner, Arthur Fils avait jeté l'éponge dès le premier tour dans la capitale italienne. "J'ai passé tous les examens avec mon équipe et tout est en ordre. Je suis déjà de retour au travail en vue de Roland-Garros", avait-il pourtant tenu à rassurer deux jours plus tard sur X.
"Ce n'est pas un drame"
Mais, depuis, le 19e mondial n'avait plus été aperçu raquette en main. Présent au stade de Roland-Garros mardi matin dans la box de son copain Sean Cuenin qui disputait les qualifications, le Français ne s'était pas pointé à son entraînement prévu à Jean Bouin le lendemain. Absent des plannings d'entraînement jeudi, il avait bien tapé la balle vendredi mais pas à haute intensité.
Ce samedi, il s'était entraîné sur le Chatrier dans la matinée avec Jiri Lehecka contre qui il a disputé un set, avant d'annuler sa deuxième séance prévue à 16 heures. "Je ne peux pas tenir ce rythme pendant trois heures, si au bout de 20 minutes tu as mal, ce n'est pas possible... Ca ne tiendra jamais. C'est pour ça qu'on en a discuté avec l'équipe après l'entraînement, on s'est dit: 'c'est dommage, tu joues bien...' mais ce n'est pas possible."
Une nouvelle fois freiné par son corps alors qu'il semblait enfin bel et bien de retour et qu'il avait opéré des choix payants ce printemps, notamment en déclarant forfait pour Monte-Carlo afin de récupérer de la tournée américaine de mars et de se préparer au mieux pour la terre battue, Arthur Fils ne veut toutefois pas accuser le coup. "Tout va bien, il n'y a pas mort d'homme. J'ai un peu mal, je vais essayer de faire du bon travail pour être prêt à jouer sur gazon. Ce n'est pas un drame", a-t-il conclu.