Roland-Garros 2026: Jodar, Buse, Blockx et Landaluce, ces quatre pépites qu'il faudra surveiller de près

Roland-Garros 2026: Jodar, Buse, Blockx et Landaluce, ces quatre pépites qu'il faudra surveiller de près
Par: RMC sport tennis Posté le: Peut 23, 2026 Voir: 9

Ils ont à peine 20 ans et ils font déjà trembler le circuit. Membres de la nouvelle génération, Rafael Jodar, Ignacio Buse, Alexander Blockx et Martin Landaluce s'apprêtent à disputer le tableau principal de Roland-Garros (24 mai-7 juin) pour la première fois de leur carrière. Et ils pourraient déjà jouer les trouble fêtes Porte d'Auteuil.

Le point commun entre Rafael Jodar, Alexander Blockx, Ignacio Buse et Martin Landaluce? Tous s'apprêtent à faire leurs grands débuts dans le tableau principal de Roland-Garros, qui commence ce dimanche (jusqu'au 7 juin). Une première participation, certes, mais pas question pour ces jeunes pépites, âgées de 22 ans et moins, de faire de la figuration. Les quatre hommes ont, chacun à leur échelle, changé de dimension ces derniers mois et pourraient faire des étincelles sur la terre battue parisienne.

Rafael Jodar, la fusée madrilène déjà tête de série

Inconnu du grand public il y a un an, le Madrilène de 19 ans débarque Porte d'Auteuil avec un statut de tête de série (n°27) et les espoirs de tout un pays sur les épaules. À 19 ans et 8 mois, il est le deuxième meilleur Espagnol du tableau, derrière Alejandro Davidovich Fokina puisque Carlos Alcaraz, blessé au poignet, a dû déclarer forfait.

Inconnu du grand public il y a un an - il était 707e mondial lors de l'édition précédente -, son ascension a tout de celle d'une fusée. Formé à Madrid par son père, devenu son entraîneur, Jodar a pourtant appris à devenir grand loin de l'Espagne: à l'automne 2024, il rejoint l'université de Virginie où il est élu meilleur freshman du tennis universitaire américain avant de rafler trois titres Challenger l’année suivante, à Charlottesville, Hersonissos et Lincoln. Une saison qu'il termine par une qualification aux Next Gen Finals de Djeddah, le Masters des moins de 20 ans. Alors 168e mondial, il bat son ami d'enfance Martín Landaluce et l'Américain Learner Tien, futur vainqueur de l'épreuve. Le tout sous les yeux de son idole, Rafael Nadal. Seulement une petite semaine après, fin décembre 2025, Jodar annonce renoncer à l'université pour passer professionnel.

La suite lui donne raison. Après un deuxième tour à l'Open d'Australie pour son premier Grand Chelem, en étant sorti des qualifications, c'est sur la terre ocre qu'il fait tout basculer. Premier titre sur le circuit principal à Marrakech (ATP 250) début avril, demi-finale à l’ATP 500 de Barcelone (battu par Arthur Fils), puis deux quarts de finale en Masters 1000: à Madrid, où il tient tête à Jannik Sinner plus de deux heures (6-2, 7-6), et à Rome, où il devient le premier adolescent à atteindre ce stade depuis un certain Novak Djokovic, en 2007. A l'issue de la tournée sur ocre, où il n'a perdu que trois matchs, il fait son entrée dans le top 30.

Au-delà des résultats, c'est son jeu qui emballe: un tennis tourné vers l'avant, des missiles des deux côtés, et une capacité rare à glisser aussi bien sur terre battue que sur dur. Le tout porté par un retour devenu redoutable, une longueur de balle impressionnante, un service en nette progression, et un sang-froid de vétéran qui détonne à 19 ans.

L’Espagne tient un nouveau Rafa, qui au vu de ses qualités tennistiques pourrait sans aucun doute se présenter comme le fameux troisième homme dans les semaines à venir. Pour son premier Roland-Garros, Rafael Jodar sera opposé ce lundi à l'Américain Aleksandar Kovacevic, un redoutable joueur qui sera un premier vrai test pour l’Espagnol, surtout dans un match en trois sets gagnants.

Ignacio Buse, un terrien en pleine confiance

Battu au premier tour des qualifications l'an passé, Ignacio Buse est cette fois entré dans le tableau principal grâce à son classement (57e, le meilleur de sa carrière). Le Péruvien, qui a fêté ses 22 ans en mars, arrive en pleine bourre puisqu'il vient de remporter à Hambourg son premier tournoi sur le circuit principal, ce qui va lui permettre de pointer à la... 31e place la semaine prochaine. S'il a bien récupéré, il a tout du premier tour traquenard pour Andrey Rublev, tête de série n°11 mais sur courant alternatif, qu'il affrontera ce lundi.

Pur terrien, solide en fond de court et capable de varier, le jeune homme qui a quitté son pays natal à 18 ans pour rejoindre l'académie Carles Ferrer Salat à Barcelone, s'est fait remarquer dès l'été dernier en atteignant les demi-finales à Gstaad (ATP 250). Vainqueur de ses deux premiers titres en Challenger sur la surface en 2025, il s'est véritablement installé sur le circuit cette saison avec une nouvelle demi-finale - cette fois à Rio de Janeiro (ATP 500) - et en ouvrant son compteur en Masters 1000 - un tour passé à Madrid avant d'accrocher Arthur Fils, et à Rome. À son tableau de chasse, notamment: Joao Fonseca, Matteo Berrettini ou encore le coriace Lorenzo Sonego.

Si son nom n'est pas encore familier pour le grand public, il est déjà très célèbre à Lima. Son grand-père Eduardo ainsi que le frère de ce dernier, Enrique, furent les premières légendes du tennis péruvien au milieu du XXe siècle. À tel point qu'aujourd'hui, les rencontres de Coupe Davis se tiennent dans un stade baptisé "Estadio Hermanos Buse". Un héritage qu'il a dû apprivoiser, comme il le confiait à L'Equipe en avril: "Au début de ma carrière, ça me mettait une grosse pression. Dans le milieu du tennis péruvien, c'est un nom lourd à porter, c'était spécial pour moi. Je viens d'une famille 100% tennis, je suis né avec une raquette dans les mains."

Pourtant, Ignacio Buse a failli ne pas choisir le tennis. Celui qui est surnommé "Nacho" est en effet également le neveu du célèbre… chef Gaston Acurio, qui représente pour lui "un véritable modèle, un exemple à suivre", a-t-il déclaré dans une interview au magazine CLAY. "Quand j'étais petit, je disais à ma mère: 'je veux être chef', et elle me mettait en garde sur ce que cela impliquait. 'Toi qui adores être sur un court de tennis, tu n'aimeras pas cette vie', me disait-elle."

Désormais, son objectif est clair: entrer dans l'histoire du tennis péruvien, avec la 18e place mondiale atteinte par Jaime Yzaga en 1989 en ligne de mire. Preuve de son ambition, il lançait déjà, dès la fin 2023, lors de son passage dans l'émission Set Paralelo: "Pourquoi ne pas rêver de gagner Roland-Garros un jour?"

Alexander Blockx, l'éclosion surprise sur ocre

Casper Ruud, Félix Auger-Aliassime ou encore Francisco Cerundolo font partie de ceux qui ont subi la loi d'Alexander Blockx à Madrid. Quelque peu éclipsé par la folle épopée de Rafael Jodar à domicile, le Belge a, lui aussi, fait sensation dans la capitale espagnole. En atteignant le dernier carré, il est devenu à 21 ans et 25 jours le plus jeune joueur de son pays à se qualifier en demi-finale d'un Masters 1000 et s'est retrouvé propulsé au 36e rang mondial.

Vainqueur de l'Open d'Australie juniors en 2023 et finaliste au Masters NextGen en fin de saison dernière, le natif d'Anvers a véritablement percé cette année. Du haut de son mètre 93, il se montre étonnamment à l'aise aussi bien sur dur - vainqueur d'un Challenger et sorti des qualifications à l'Open d'Australie - que sur terre battue, atteignant également les huitièmes de finale au Masters 1000 de Monte-Carlo et passant deux tours à celui de Rome. "Je l'avoue, je ne m'attendais pas à ce que cela aille si vite. Surtout sur terre battue. Jusque là, je progressais à une allure plutôt lente, avec des hauts et des bas", a-t-il récemment confié à Tennis Wallonie-Bruxelles.

Si ses parents, tous deux ukrainiens, étaient un ancien hurdleur et une ancienne nageuse, le Belge s'est pris de passion pour le tennis en regardant son grand frère Maxime s'entraîner. Polyvalent avec un jeu atypique porté vers l'avant, Alexander Blockx n'a pas froid aux yeux. Se décrivant comme un "joueur rapide pour (s)a taille", le Belge se veut "aussi agressif que possible, parce que si tu ne l'es pas, tu n'as aucune chance de battre les meilleurs joueurs", lançait-il en décembre dernier.

Et il a déjà fait un premier choix fort: celui de se séparer de Philippe Cassiers, qui était son coach depuis plus de quinze ans, en plein pendant le tournoi de Madrid. "Je sentais qu'il fallait essayer quelque chose de nouveau. Je suis dans une phase de ma carrière où j'en ai le droit. Il faut parfois être égoïste", a-t-il justifié. Son compatriote Ruben Bemelmans, ancien 84e joueur mondial, a repris la main en tant que coach principal.

Battu au premier tour des qualifications l'an dernier, Alexander Blockx est cette fois passé tout proche d'un statut de tête série pour son premier grand tableau à Roland-Garros. Il entrera en lice ce dimanche face au lucky-loser Coleman Wong avant, peut-être, de retrouver Alex De Minaur qui l'avait difficilement battu sur le Rocher.

Martín Landaluce, une montée en puissance ce printemps

S'il y a un joueur que la planète tennis guettait depuis longtemps, c'est bien lui. Champion de l'US Open juniors à seulement 16 ans, ancien numéro un mondial chez les jeunes, Martín Landaluce traîne depuis des années une étiquette aussi flatteuse que pesante: celle du successeur désigné de Carlos Alcaraz. Une promesse qu'il a choisi de tenir à son rythme.

Né le 8 janvier 2006 à Madrid, formé comme son idole à la Rafa Nadal Academy de Manacor, le grand gaillard d'1,93 m a bâti sa carrière par paliers. Gagner un Grand Chelem junior à 16 ans fait naître une pression considérable que le Madrilène a pris le temps de convertir, en s'aguerrissant en ITF et sur le circuit Challenger, où il a déjà décroché deux titres, à Olbia en 2024 et à Orléans en 2025. 

Et c'est au printemps 2026 qu'il a changé de dimension. À Miami, issu des qualifications, il atteint son premier quart en Masters 1000 en écartant entre autres Karen Khachanov et Sebastian Korda. Rebelote à Rome quelques semaines plus tard: repêché comme lucky loser, il a de nouveau filé jusqu'en quart en écartant sur sa route Cilic, Bellucci et Medjedovic, s'inclinant finalement face à Daniil Medvedev en trois sets. Deux quarts en Masters 1000 en deux mois: le voilà 67e ATP, cinquième meilleur Espagnol du circuit.

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Sur le court, Landaluce mise sur son physique: un service puissant et une frappe lourde du fond de court qui dicte l’échange. À Roland-Garros, le sort lui a réservé un tableau corsé, dans la partie de Jannik Sinner, qu'il pourrait défier dès le troisième tour. Eliminé pour sa première venue Porte d’Auteuil au deuxième tour des qualifications par l’Argentin Federico Agustin Gomez lors de l'édition 2025, il lancera cette fois-ci sa quinzaine dans le grand tableau face au qualifié Juan Carlos Prado Angelo ce mardi.

Laura Pottier et Antoine Bellanger

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