Totalement inconnu en début d’année, le jeune espagnol Rafael Jodar, 42e mondial, n’a connu qu’une seule défaite depuis le début de la saison sur terre battue. Il peut viser les quarts de finale à Madrid.
"Ho nacido una estrella". Une étoile est née. Le succès de Rafael Jodar, tard dimanche soir face à Joao Fonseca, a été accueilli en grandes pompes par le site officiel du Mutua Madrid Open. "Carlitos" est à l’infirmerie et les Espagnols se sont repliés sur ce Madrilène de 19 ans. Si les puristes se souviennent qu’il a remporté l’US Open juniors en 2024, il était encore totalement inconnu en début d’année.
En franchissant un tour à l’Open d’Australie, il pointait, début février, au 124e rang mondial. Rien d’extravagant. Mais le meilleur est à venir avec le lancement de la saison sur terre battue. Engagé à Marrakech, l’Espagnol réussit la prouesse de remporter son premier tournoi à sa septième tentative! Le plateau est au Maroc n’était pas relevé et quelques sceptiques émettent encore des doutes. Ceux-ci vont être levés au Godo, l’autre nom du tournoi de Barcelone.
En Catalogne, il décroche un succès de prestige face à Cameron Norrie. En demi-finale, il a sérieusement chahuté Arthur Fils avant de décliner (3-6, 6-3, 6-2). Lors de la poignée de main, le Tricolore ne manque d’ailleurs pas de féliciter sa jeune victime. La lourdeur des frappes de Jodar impressionne. Rien à voir avec le lift outrageant de Rafael Nadal ou les fulgurances de Carlos Alcaraz. Formé au Club de Tenis de Chamartin – un club dans le centre de Madrid -, Jodar possède sa propre signature.
Tête de série à Roland-Garros?
Longiligne (1,91m) et annoncé à 70 kilos par l’ATP, Rafael Jodar fait admirer un timing de frappe assez sidérant. Son talent explose cette semaine à la Caja Magica. Après un premier tour crispant face au Néerlandais Jesper de Jong, il a ridiculisé Alex De Minaur, 8e mondial, en 1h15. Et dans le choc des 2006 face à Joao Fonseca, le Madrilène a démontré toute sa force mentale pour repartir au combat après la perte de la deuxième manche. Débordé par la cadence, le Brésilien a lâché le wagon au début du dernier set (0-4). Le voilà en huitièmes de finale avec un match à sa portée face à Vik Kopriva, 66e mondial. Et si l’obstacle tchèque est franchi, ce serait probablement Jannik Sinner. Lequel est venu l’observer lors de sa night session au deuxième tour…
Alors que les meilleurs joueurs sont suivis par une armada de coach, physio voire psy dans leur box, Rafael Jodar détonne avec la seule présence, dans son coin, de son papa. Dimanche, il a connu une alerte crampes et il a dû se tourner vers la tribune officielle où se trouvait un médecin de la Fédération espagnole. Le physique, c’est peut-être son talon d’Achille. A Barcelone, il avait déjà crampé face à Arthur Fils. La perspective des longs matches à Roland-Garros peut-être un frein à la progression de ce garçon tout neuf. Ce Chelem, il pourrait d’ailleurs l’aborder avec un statut de tête de série – il est 34e au live ranking - , ce qui serait exceptionnel pour une deuxième participation à un Majeur.
Mais le garçon a les moyens de s’éviter des matches longs. La brutalité de ses datas parle. Vitesse moyenne en coup droit: 136 km/h, vitesse moyenne en revers: 123,2 km/h, rotation de la balle: 3190 tours/minute. Pour ce dernier chiffre, on n’est pas éloigné des standards d’un autre Rafa…
