En pleine course pour l'accession directe en Ligue 1, le club stéphanois réalise une fin de saison canon. Pourtant, un terrible danger plane sur le Forez, et il ne vient absolument pas du terrain.
L’AS Saint-Étienne revit. Invaincus depuis l’arrivée de Philippe Montanier sur le banc, les Verts se sont solidement installés à la deuxième place de Ligue 2. À cinq journées du dénouement, l’euphorie s’empare logiquement du peuple stéphanois. Pourtant, un danger sournois et silencieux guette le club du Forez dans ce sprint final. Si l’on pointe souvent du doigt l’excès de confiance ou le relâchement des joueurs dans ce type de configuration, le mal provient cette fois-ci directement des hautes sphères de l’institution. Les dirigeants sont en train de jouer avec le feu en envoyant un signal particulièrement néfaste.
La charrue avant les bœufs
Ce piège redoutable n’est autre que la satisfaction institutionnelle anticipée. Pour éviter le fiasco du mercato de l’été 2024, le directeur sportif Loïc Perrin et Kilmer Sport Ventures ont décidé d’accélérer leur préparation. Prolongations, pistes de recrutement estival… les bureaux s’activent intensément pour la Ligue 1. Une hyperactivité qui donne la dangereuse impression que la montée est déjà acquise. Or, le suspense reste entier : Le Mans souffle sur la nuque des Stéphanois et le calendrier s’annonce redoutable avec les réceptions de Dunkerque et Troyes, avant un déplacement périlleux chez la redoutable équipe de Rodez.
Ce sentiment d’accomplissement prématuré pourrait s’avérer destructeur. En agissant comme si le billet pour l’élite était déjà validé dans les bureaux, la direction stéphanoise risque d’instiller un relâchement inconscient à tous les étages du club. Une véritable déconnexion avec l’exigence du terrain qui se paierait très cher, alors que l’équipe de Philippe Montanier aura besoin d’une concentration absolue pour ne pas trébucher lors de ces cinq véritables finales de championnat.
Le Chaudron sous haute tension
D’autant que cette sérénité interne, presque mal placée, contraste brutalement avec la tempête qui secoue actuellement les tribunes de Geoffroy-Guichard. L’ASSE doit en effet mener un combat juridique et politique acharné contre le ministère de l’Intérieur, qui menace de dissoudre les emblématiques groupes ultras Magic Fans et Green Angels. Face au risque imminent de voir le Chaudron perdre son âme et ses interlocuteurs historiques, le club ferait bien de redescendre rapidement sur terre pour se mobiliser sur des luttes bien réelles et encore inachevées.