
Aryna Sabalenka s’est inclinée en finale de l’Open d’Australie 2026 face à Elena Rybakina 6-4, 4-6, 6-4. Battue au terme d’un bras de fer de très haut niveau à Melbourne, la n°1 mondiale voit son titre lui échapper. Au-delà du scénario, cette défaite a une portée symbolique : Rybakina “efface” sa finale perdue contre Sabalenka à Melbourne en 2023, tandis que la patronne du circuit perd une finale de Grand Chelem qui semblait, un temps, lui tendre les bras...
"Je riais et je pleurais (rires), j’étais vraiment en colère contre moi-même"
Aryna, un combat difficile aujourd’hui. Peux-tu nous faire un aperçu du match et de ta performance ?
(rires) Elle a fait un match incroyable et j’ai essayé de donner le meilleur de moi-même. Je me suis battue jusqu’au tout dernier point. J’ai eu mes opportunités. J’ai l’impression d’en avoir manqué quelques-unes, mais c’est le tennis. Aujourd’hui tu es perdante, demain tu es gagnante. J’espère être davantage une gagnante cette saison qu’une perdante. Je l’espère et je prie pour ça.
En menant 3-0 dans le troisième set, est-ce que tu as des regrets sur ce que tu as fait, ou est-ce plutôt elle qui a renversé le match ?
Je pense que c’était un match très agressif du début à la fin, et à ce moment-là elle n’avait plus grand-chose à perdre, donc elle est entrée dans le court et elle a joué des points incroyables. Elle servait, donc ce n’était qu’un break. Peut-être que j’aurais dû… je ne sais pas si j’ai des regrets. Peut-être que j’aurais dû être plus agressive sur mes mises en jeu, en sachant que j’avais un break, pour lui mettre plus de pression. Mais elle a été incroyable. Elle a mis des gagnants. Moi, j’ai fait quelques fautes directes. Bien sûr que j’ai des regrets. Quand tu mènes 3-0 et qu’en quelques secondes tu te retrouves à 3-4, menée d’un break, tout va très vite. Elle a joué un super tennis. Peut-être que de mon côté ce n’était pas très intelligent, mais comme je dis : aujourd’hui je suis perdante, demain peut-être gagnante, peut-être encore perdante. J’espère que non. On verra.
Je me demande quel est ton état d’esprit, parce que tu arrives ici en riant, ce qu’on ne voit pas souvent après une défaite. Comment tu te sens ? Comment tu encaisses ça ? Et à quel point tu essaies aussi de dire les “bons” mots ?
Là, je ris, tu veux dire ?
Quand tu es entrée dans la salle, tu riais.
Je riais et je pleurais (rires). C’était un moment d’hystérie, mais il n’y avait rien de vraiment productif dans cette conversation. J’ai juste tout laissé sortir et j’ai essayé de… j’étais vraiment en colère contre moi-même, je dirais, parce qu’une fois de plus j’ai eu des opportunités. J’ai très bien joué jusqu’à un certain moment, puis je n’ai pas réussi à résister à l’agressivité qu’elle a mise sur le court aujourd’hui. J’étais vraiment déçue de moi-même. Mais je pense que, dans l’ensemble, j’ai joué un super tennis ici en Australie. Même dans cette finale, j’ai l’impression d’avoir très bien joué. Je me suis battue, j’ai fait de mon mieux, et aujourd’hui elle a été meilleure. On va en parler avec l’équipe. Là, ils essaient de m’éviter et de s’échapper parce qu’ils voient que ce n’est pas très sain d’être autour de moi en ce moment (rires).
"J’ai l’impression d’avoir perdu la plupart des finales que j’ai jouées en Grand Chelem"
Aryna, soirée difficile. Est-ce que tu mets ces défaites en finales de Grand Chelem dans un même ensemble, ou tu les prends une par une ? Tu as fait un truc incroyable avec une constance impressionnante.
Oui, j’ai l’impression d’avoir perdu la plupart des finales que j’ai jouées en Grand Chelem. Non ? Ok, 4-4. Je crois que ça va (sourire). Je prends chaque défaite individuellement, parce que ce n’était pas les mêmes joueuses à chaque fois, pas les mêmes problèmes pendant le match, pas les mêmes erreurs. Certaines finales étaient de grands matches, j’ai joué incroyablement bien. Donc oui, je les prends une par une.
Tu disais l’autre jour qu’il y avait des erreurs que tu avais faites dans le passé, que tu pensais avoir comprises et maîtrisées. Aujourd’hui, c’était différent de ce qui t’avait coûté des finales avant ?
Non, je pense que c’était beaucoup mieux que l’an dernier, les deux finales que j’ai perdues. En termes de niveau, de décisions, et mentalement : tout le match, j’étais là, prête à me battre, je savais qu’elle n’allait rien me donner. Donc je pense que j’ai énormément progressé là-dessus, et j’ai quand même perdu. Mais ça va. J’ai l’impression d’aller dans la bonne direction.
Elena semble avoir élevé son niveau ces derniers mois, elle est en forme incroyable. As-tu senti un changement quand tu l’as jouée ces dernières fois ?
Je pense qu’elle a clairement plus confiance, et qu’elle joue ses coups sans aucun doute. Mais malgré tout, j’ai eu des opportunités. Le niveau était incroyable. Je trouve qu’elle joue encore plus agressif. Elle a construit une grande confiance, notamment à partir des Finals. Elle est meilleure, une meilleure joueuse. Et au final, elle gagne un Grand Chelem, ce qui est un accomplissement incroyable.
"Là, tout de suite, je n’ai pas envie de penser au tennis"
À ce stade de ta carrière, tu as gagné quatre majeurs et tu es passée tout près d’en gagner plusieurs autres. Je suis curieux : quelles sont tes ambitions, là, maintenant ?
Merci de me le rappeler. Ça va. Là, tout de suite, je n’ai pas envie de penser au tennis, mais mes ambitions restent les mêmes : continuer à me battre, continuer à travailler dur, continuer à me mettre en danger, et faire de mon mieux si j’ai une autre chance en finale. Juste aller sur le court et faire mon maximum. Et recommencer, tu vois ? Essayer de voir combien je peux en gagner.
Tu dis que tu évites un peu ton équipe en ce moment. Après une finale de Grand Chelem, quand est-ce que tu fais un débrief avec eux, pour discuter de ce que tu peux améliorer ?
Je ne sais pas. Quand ? Aujourd’hui ? Oh putain, non (rires). Peut-être dans une semaine (rires). Ou dans quelques jours. Quand je sentirai que, ok, je peux passer à autre chose (rires).
À la télévision, Jelena Dokic a évoqué une possible différence dans le troisième set : la maîtrise d’Elena par rapport à la tienne. Tu penses que c’est encore un écart entre toi et une joueuse comme elle ?
Répète. Elle disait quoi ?
Elle disait qu’il y avait peut-être une différence de maîtrise entre toi et Elena, et que ça avait fait la différence dans le troisième set.
C’est quoi “maîtrise” ? Ah, le focus. Peut-être. J’ai l’impression que ça a été comme ça : elle a perdu son focus, j’ai mené 3-0. J’ai perdu mon focus, et c’était 3-4. Elle a mieux géré ce moment de pression, ça c’est sûr.
Ses stats en finales de Grand Chelem
Sabalenka a disputé 8 finales en Grand Chelem : 4 titres, 4 défaites (bilan 4-4).
Détail, finale par finale (simple)
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Open d’Australie 2023 : victoire vs Rybakina 4-6, 6-3, 6-4
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US Open 2023 : défaite vs Coco Gauff 6-2, 3-6, 2-6
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Open d’Australie 2024 : victoire vs Zheng Qinwen 6-3, 6-2
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US Open 2024 : victoire vs Jessica Pegula 7-5, 7-5
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Open d’Australie 2025 : défaite vs Madison Keys 3-6, 6-2, 5-7
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Roland-Garros 2025 : défaite vs Coco Gauff 7-6, 2-6, 4-6
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US Open 2025 : victoire vs Amanda Anisimova 6-3, 7-6
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Open d’Australie 2026 : défaite vs Rybakina 4-6, 6-4, 4-6
Bilan par tournoi
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Open d’Australie : 4 finales, 2 titres / 2 défaites
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US Open : 3 finales, 2 titres / 1 défaite
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Roland-Garros : 1 finale, 0 titre / 1 défaite