
Voilà 28 ans que la Belgique n’a plus battu la France en Coupe Davis. Il ne faudrait pas que la série prenne fin ce mardi, sur terrain neutre, à Bologne. Dans une atmosphère qui n’aura rien à voir avec le "chaudron" de Gand, en 1997.
"C'est sûr qu'il y a de la rivalité, mais c'est de la bonne rivalité. Voilà, c'est sain, c'est bien, c'est chouette, c'est le sport." Steve Darcis, le capitaine de l’équipe de Belgique, a tenu un discours diplomatique avant le quart de finale face à la France, mardi à Bologne.
Mais chacun des membres de sa team sait qu’il a mis du temps à digérer la désillusion de la finale 2017 à Lille. Réputé invincible dans les matchs 5, Steve Darcis avait vécu un cauchemar face à Lucas Pouille (6-3, 6-1, 6-0). "Ça a mis du temps avant de s'évacuer, forcément, vu qu'après, je n'ai quand même pas joué pendant un an (il était blessé au coude, NDLR). Donc, j'ai eu le temps de réfléchir. Maintenant, c'est oublié, honnêtement. Simplement, je pense qu'ils ont été meilleurs que nous. Ils ont mieux géré l'événement. Ils avaient une équipe quand même assez exceptionnelle."
La faute professionnelle de Gand en 1997
Aujourd’hui, le capitaine belge sait que les Tsonga, Gasquet ou Pouille n’ont pas été véritablement remplacés. L’occasion de mettre fin à 28 ans d’insuccès face aux Bleus est réelle. En 1997, à Gand, dans un barrage de maintien, la bande à Yannick Noah avait chuté 3-2. Lionel Roux, propulsé dans l’arène pour le cinquième match décisif, avait vécu un calvaire face à un garçon, Christophe Van Garsse, qui avait joué chaleur comme cela n’est pas permis. Et avec des crampes, de surcroît. C’était le bon temps des rencontres étalées sur trois jours, avec des bagarres en cinq sets. Un format que Steve Darcis paierait cher pour retrouver.
"Pour moi, la Coupe Davis, elle n'existe plus", tranche-t-il. "C'est plus une Coupe du monde. Le format est moins sympa, je trouve, c'est en une journée, c'est deux sets gagnants, deux simples en double, ça va vite. Maintenant, ça favorise aussi les petites équipes…"
Le capitaine belge ne dit pas cela innocemment. Il a la chance de posséder deux purs sangs: Zizou Bergs, 43e mondial, et Raphaël Collignon, 86e mondial. Ce dernier s’est forgé une sacrée réputation en remportant ses deux simples à Sydney, en septembre. Battre Alex de Minaur sur ses terres n’est pas donné à tout le monde. Lundi soir, le numéro 2 belge s’est endormi en ne sachant pas qui il allait trouver sur sa route ce mardi à 16h. Corentin Moutet ou Giovanni Mpetshi Perricard.
Mais les Belges ne doivent pas s’attendre à trouver des Bleus repus. Après désillusion sur désillusion lors des poules de septembre, Arthur Rinderknech veut croquer dans le gâteau. "On a cravaché en février (face au Brésil, NDLR), on a cravaché en septembre (en Croatie, NDLR)", a-t-il indiqué. "Je courais après cette phase finale depuis mes débuts. On y est enfin. Je pense que c'est le moment d'apprécier, de tout donner, de tout laisser sur le court pour amener ses points et ses victoires à la France."
L'ambiance? "Je ne m'attends à rien"
Dimanche, au palazzo Re Enzo, dans le centre historique de Bologne, ils ont pu admirer le célèbre Saladier d’Argent. "Je l’ai scruté, j’ai pris des photos", a dit le Breton. Pierre-Hugues Herbert, lui, a photographié son nom gravé à deux reprises sur l’imposant trophée.
Les ambiances de Villeneuve d’Ascq sont encore présentes dans la tête de l’Alsacien, vétéran de l’équipe. Mardi, à Bologne, au padiglione 17 – comprenez pavillon 17 – l’atmosphère sera bien différente. "Honnêtement, je ne m'attends à rien, lâche, un poil dégoûté", Steve Darcis. "C'est quand même un match où, en général, on a quand même le feu dans les tribunes. Je ne pense pas qu'on l'aura demain ou en tout cas en petit comité, mais ça fera quand même partie du jeu et il faudra quand même essayer d'aller au bout de la rencontre."
Parce que pour le vainqueur, vendredi, il y a une probable demi-finale face à l’Italie, double tenante du titre. Là, ça fera du bruit et ça rappellera le bon temps à tous les amoureux de cette compétition.